• Bibliothéques en colère !

    ça grogne dans les bibliothèques universitaires !

     Etendre les horaires d'ouverture des BU, oui mais dans quelles conditions ?

    Nous publions ci-dessous le récit très vivant d'une collègue de Dunkerque.

    Quand est-il à Paris Diderot ? Nous invitons nos collègues de la BU à nous tenir au courant.

    Un point d'information sur la tentative avortée d'extension des horaires à la BU du Littoral. Pour les ceux et celles qui, confrontés aux mêmes attaques que nous, souhaitent s'appuyer sur l'expérience des autres collègues pour mener leur combat en interne.

    Rappel des faits : à la rentrée 2010, notre Directeur annonce fièrement au personnel que dans l'intérêt du public il a décidé d'étendre les horaires d'ouverture de la BU. Pour ce faire, garant du dialogue social et de la préservation des intérêts de tous, il réunira un groupe de travail "Horaires" avec qui il négociera cette extension du samedi après-midi.

    1ère réunion du groupe de travail : on nous propose de travailler dans 2 sections de la BULCO (Boulogne et Dunkerque) le samedi de 10h à 17h (au lieu de 9h-13h actuellement), avec récupération majorée le matin (1h travaillée, 1h30 récupérée en semaine) et récupération ordinaire + indemnité forfaitaire brute de 60 euros pour les 4heures effectuées l'après-midi : 3 professionnels + 2 moniteurs étudiants
    Le groupe de travail consulte le personnel : personne ne trouve aucun intérêt à cette proposition

    2è réunion ("convocation plutôt) du groupe de travail : bon, bin, on va proposer autre chose, on ne peut pas vous dire quoi, combien et comment, mais ce sera intéressant, ayez confiance
    Bon bin pas de consultation du personnel alors, on n'a rien de nouveau à soumettre au vote ! Une aspiration au consentement collectif, ça se vote pas...

    3è convocation du groupe de travail : l'indemnité sera portée non pas à 62 euros, ni à 75, ni à 83,5 mais à 100 euros nets, Mesdames et Messieurs, oui j'ai bien dit 100 euros nets.... dans une seule section (Dunkerque) car l'université est en crise, ne l'oublions pas !

    Re-consultation du personnel : 1 personne intéressée, bin oui, quand on est seule avec des mômes, bon 400 euros d'augmentation de salaire, ça se néglige pas, vu le gel des salaires, etc. Certes la masse salariale n'évoluant pas en conséquence des heures travaillées, on oublie de préciser que cet argent sera prélevé sur l'ensemble des primes, et ce que l'un gagne en heures supp', d'autres dont lui-même le perdra en primes de fin d'année ou primes statutaires; mais là j'intellectualise le débat ! Faut avoir fait des études de vases communiquant...
    En tout cas, ce qui est simple à comprendre, c'est qu'une personne seule ne peut pas faire tourner la boutique, même avec 8 mômes à nourrir !

    4è réunion du groupe de travail : le directeur est déçu mais jamais au grand jamais il ne proposera de laisser la BU ouverte par des étudiants pour des étudiants. Question d'éthique professionnelle. Bibliothécaire avant tout....

    Un vendredi, CTP : hô ! surprise ! le président soumet au vote "l'ouverture de la BU de Dunkerque le samedi après-midi par des étudiants" sans bibliothécaires et sans services...Et là je comprends, je réalise comme une évidence ce qui me chatouillait seulement les narines jusqu'alors ! L'enjeu bien sûr n'est pas la démocratie culturelle, la qualité des services publics, la réussite du plan Licence, l'égalité d'accès de tous à la culture. Non, l'enjeu est primaire, bête, simple : présenter des INDICATEURS à l'AERES. Et finalement c'est notre président d'université qui tient à cette extension.Est-il pétri d'amour et de respect pour notre digne métier ? J'en doute : baisse du budget d'acquisition de 20%. Budget signalétique voté à moitié (vous en connaissez beaucoup de BU où ce mot n'est pas écrit sur le fronton de l'établissement ? A Dunkerque pour situer la BU, on dit : "le bâtiment gris en face du Resto U; car Resto U c'est écrit. BU, ça coute trop cher...).
    Bref, il veut ouvrir pour ouvrir. Pas de débat sur les missions d'une bibliothèque universitaire. Pas le temps, pas intéressant, ça rapporte pas de points au grand jeu de la concurrence des universités.
    Le vote du CTP est clair : 10 contre (les représentants du personnel), 9 pour (dont mon cher et courageux directeur si intransigeant avec l'éthique professionnelle) et, ouf, une abstention du coté des représentants de l'administration.

    Qu'à cela ne tienne : On est bien passé sur le groupe de travail horaires de la BU, on peut aussi passer sur le vote consultatif du CTP
    Mardi, la proposition passera en CA.

    Lundi : branle bas de combat côté bibliothécaires. Alertes à Dunkerque (la mer n'est pas loin...). Lettre d'indignation (ci-dessous) envoyée via tous les canaux possibles de l'université.
    Mardi matin : on tracte à la BU notre lettre de colère. Tiens, c'est rigolo, en plus y'a l'inauguration d'une exposition à la BU. Les pompes sont là et peuvent prendre contact avec le personnel.... Le dialogue social ne va pas tarder...
    Mardi aprés-midi : CA.... Le président change sa proposition. Bon, il refait son laïus sur le droit universel de l'étudiant à fréquenter les BU le samedi après-midi (on dirait que cela l'inquiète davantage que la faible fréquentation de ces étudiants en semaine et que l'échec en Licence). Mais dans un souci de réconciliation nationale, il propose d'ouvrir une salle informatique de la toute nouvelle maison des étudiants, située entre la salle de concert et le bar étudiant. En fonction de la fréquentation de cette salle, il ré-ouvrira le débat pour la rentrée 2012.

    Ah oui ! parce que j'ai oublié de mentionner quand même l'absence de toute enquête préalable sur les besoins des étudiants concernant l'ouverture de la BU. Cela coûterait trop cher... L'étudiant de par chez nous ne fréquente pas la BU en semaine. Je n'ose imaginer ce qu'il penserait du samedi...

    Bilan : nous avons réussi à faire reculer notre présidence. Pas mal, savourons cette demi-victoire.
    Mais l'attaque reviendra bientôt. Et seuls, isolés, il nous sera difficile de maintenir notre unité. Il est indispensable que la contr'attaque soit nationale, il nous faut l'appui des syndicats au niveau national (nous l'avons heureusement au niveau local). Un mot d'ordre de grève serait lancé demain sur ce sujet, je suis persuadée qu'il serait suivi.

    Pour plus d'infos, consultez le blog ami Le blog du personnel ULCO

    Lire la lettre d'indignation

     

     


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :