• Et je t'endormirai dans un rêve sans fin...

    Message du collectif pour une université confédérale

    Faut-il s’en féliciter ? Le PRES Sorbonne Paris Cité et son cortège de comités opaques n’en ont plus pour très longtemps. Bien avant d’être frappé d’obsolescence par la promulgation de la nouvelle loi supprimant les PRES, le Conseil d’Administration de SPC ne pourra plus légalement prendre de décision à compter du 31 mars 2013. En effet, le mandat des administrateurs expire à cette date. Quelle « interprétation accommodante des statuts » (sic, note du PRES en date du 28 février 2013) leur permettrait de siéger valablement après cette date ? Les prochains représentants des personnels et des étudiants doivent, selon les statuts, être élus au scrutin uninominal à deux tours. Or, d’élections, personne n’a entendu parler. Cette modalité technique, à laquelle la démocratie ne saurait, certes, être réduite, fait-elle à ce point horreur aux dirigeants du PRES et de ses établissements ? Il est vrai que cette procédure élective est « lourde », et donc « problématique » (resic). La prorogation accommodante est, il est vrai, tellement plus rapide et efficace...

    On s’en doute, les dirigeants du PRES et de ses établissements ne souhaitent pas s’encombrer de démocratie et de collégialité à quelques mois de l’application d’une nouvelle loi dont ils entendent tirer profit. Ils nous rassurent déjà sur l’innocuité de passer outre l’obligation qui leur est faite d’organiser des élections. Concession à la coutume démocratique, il est proposé de limiter le renouvellement électoral des membres du CA aux « seconds représentants de chaque établissement fondateur, aux personnalités qualifiées et aux représentants de la Ville de Paris et de la Région ». Il y aurait donc deux qualités de membres dans ce CA : celle d’élu persistant ou celle d’élu caduc.
    L’enjeu est en effet de taille : ce CA du PRES n’est pas conservé pour expédier les affaires courantes, mais bien pour traiter de l’avenir des établissements regroupés dans Sorbonne Paris Cité. Après avoir promptement « réglé » la question de l’élection, le document émanant du bureau du CA du PRES fixe en effet les principes présidant à l’organisation générale du travail au sein de Sorbonne Paris Cité pour 2013.
    Non sans humour, dans un texte soumis à l’approbation du prochain CA (27 mars 2013), ces mêmes dirigeants du PRES font figurer la « collégialité » comme la première composante essentielle de SPC. Ils en donnent trois garanties :
    -    un document présentant les priorités du bureau du PRES sera élaboré et publié ;
    -    le « comité opérationnel CoOp » (NDLR : dont nous découvrons l’existence et les prérogatives) sera associé à la phase d’instruction des projets ;
    -    de nombreux « comités » (NDLR : dont aucun n’a reçu le moindre mandat de la part des conseils élus ; la réunion des VP CS figure en tête, dont tout indique que ceux-ci ont fait partie du cabinet secret ayant fomenté le projet Idex) et « groupes référents » auront un « rôle essentiel » (sic) ;
    Mazette ! Quelle belle « collégialité » on nous promet là ! Mais qu’on se rassure, la deuxième qualité de SPC sera de faire reposer sa « mise en œuvre opérationnelle sur des équipes projets », le PRES pouvant « assurer les tâches de pilotage opérationnel nécessaires à la mise en œuvre des projets communs ».... Elle est pas belle, la vie ?
    Les PRES étant sur le point d’être dissous, il reviendrait pourtant aux instances représentatives des établissements concernés – du moins dans une démocratie respectant la légalité - de dire ce que sont leurs vœux en termes de regroupement pour l’avenir (fusion, fédération, confédération).

    Mais le CA du PRES poursuit son travail et sa séance du 27 mars 2013 sera l’occasion de faire paraître la « Note de l’Odéon » (NDLR : le comité fantôme écrivant ces notes en a-t-il eu assez de faire le tour de la grande couronne ?), qui dessine en trois paragraphes les caractéristiques de SPC :
    -    Sorbonne Paris Cité : « une université pluridisciplinaire de recherche » ;
    -    Sorbonne Paris Cité : « une université du monde » (sic) ;
    -    Sorbonne Paris Cité : « une université socialement responsable (?) » ;
    Le point d’interrogation qui suit l’énoncé de cette troisième partie figure bien dans le document... Nous ne pouvons que nous interroger, nous aussi, sur le sens que le comité fantôme a voulu lui donner.

    Qui s’étonnera, alors, du retour de l’antienne enjoignant de s’embarquer dans une « Communauté d'Etablissements » (COMET ou COMUNET) dont les statuts seront écrits dans l’urgence et votés en aveugle ?

    On s’en doute également : il ne faudra pas plus de cinq minutes à un tribunal administratif pour casser toute décision prise par un Conseil d’Administration intégralement nommé et prorogé arbitrairement et illégalement au-delà de la fin de son mandat.


    La merveilleuse « ébauche de texte descriptif de l'identité de Sorbonne Paris Cité » comme « université du monde » vaut son pesant de cacahuètes, et n'hésite pas à conditionner le succès de son projet à « sa capacité à faire naître une solidarité humaine au sein de la communauté Sorbonne Paris Cité ». Alors, soyons un peu solidaire avec l'actuel président du PRES qui voit son mandat s'achever le 31 août 2013 ! Pour le consoler d'ailleurs, à l'issue du CA du 27 mars prochain, Madame Yannick Moreau, Présidente de Section au Conseil d’État, remettra les insignes d’officier de la Légion d’honneur à M. Girard, lors d'une petite cérémonie tout ce qu'il y a de plus intime, suivie d’un cocktail... Elle est pas belle, la vie ?

    D’autres documents encore, conçus dans l’opacité habituelle, montrent que l’on ne désarme pas, là-haut, et que la marche forcée vers un établissement fusionné, découpé en divisions et en départements (qui n’ont aucun sens dans un établissement fédéral ou confédéral) se poursuit sans se soucier le moins du monde de ce que personne, dans les établissements, ne souhaite embarquer dans un train fantôme.
    A l’université Paris-Diderot, de micro-évènements donnent ce même sentiment d’une machine folle tournant à vide. Contentons-nous de deux exemples. Alors même que les restrictions budgétaires touchent de plein fouet les composantes, se traduisant par de nouvelles suppressions de postes pour l’enseignement et la recherche [1], la DRH vient d’émettre une dizaine de nouvelles offres d’emploi (dans la bourse du même nom) pour venir renforcer les services... de la DRH. Autre symptôme : les critères de promotion des enseignant-chercheurs transmis par la DRH ne portent... ni sur l’enseignement, ni sur la recherche, mais exclusivement sur les charges administratives. Contrairement aux jetons de présence accordés dans les sociétés anonymes, l’assiduité n’est pas exigée, et encore moins l'obligation d’œuvrer positivement à la marche de l’enseignement et de la recherche...

    Le collectif pour une université confédérale

    [1] Nous apprenons sur le terrain que les restructurations managériales commencent à pousser, à Paris-Diderot, des collègues vers des solutions désespérées.


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