• Un exemple des conséquences d'une fusion sur les Biatss

    une dépêche AEF sur les conséquences de la fusion sur les BIATSS d'Aix-Marseille
    sur SPC nous sommes environ 5500 ?
     A noter que sur le site de SPC les BIATSS sont passés à la trappe : on ne parle que des 120000 étudiants et des 5900 EC dans la rubrique "atouts et chiffres-clés"


    Aix-Marseille Université : 450 agents administratifs et techniques sur 3 307 vont changer de poste ou de lieu de travail
      • Dossier 
    « Presque la totalité des 450 agents administratifs et techniques concernés par la nouvelle organisation d'Aix-Marseille Université, dont le déploiement est prévu au 1er septembre 2014, se sont positionnés sur les nouvelles fiches de postes », annonce à AEF Yvon Berland, président d'Aix-Marseille Université, vendredi 4 octobre 2013. C'est à cette date qu'ils devaient avoir exprimé leurs vœux sur les fonctions qu'ils souhaitent assurer à l'avenir et sur le site où ils les exerceront. « L'opération sera menée jusqu'à son terme, comme prévu », indique Yvon Berland, en réponse à une intersyndicale CFDT , CGT , FO , FSU et SUD qui demande « l'arrêt du processus ». « Les personnels sont inquiets », affirment ces syndicats qui, historiquement opposés à la fusion pour la plupart (AEF n°142052), exigent « une expertise externe sur la restructuration en cours ».

    Origamu, le projet d'organisation des services administratifs et techniques des trois universités d'Aix-Marseille qui ont fusionné le 1er janvier 2012, définit la structure et l'implantation géographique des services de la nouvelle université (AEF n°168940). Adoptée par le conseil d'administration pendant l'été 2013, cette réorganisation entraînera une mobilité géographique et/ou fonctionnelle pour 450 agents Biatss au 1er septembre 2014, sur les 3 307 qu'emploie Aix-Marseille Université. « Tous les agents concernés par une évolution sensible de leur fiche de poste et/ou un changement de lieu de travail ont été invités à se positionner, avant d'être reçus en entretien individuel », indique à AEF Yvon Berland, président d'Aix-Marseille Université, le 4 octobre 2013. Le processus est contesté par une intersyndicale CFDT, CGT, FO, FSU et SUD, qui demande son arrêt. « Le délai pour se positionner, en pleine rentrée, est trop court, l'affichage des postes flou et l'entretien qui suivra sans garantie de régularité », argumente pour AEF l'intersyndicale, le 11 octobre 2013.

    JUSQU'À QUATRE VŒUX POUR CHAQUE PERSONNEL

    Cinq cents fiches de vœux sont parvenues à la DRH , selon un recensement arrêté au 9 octobre. Soixante-dix fiches émanent d'agents non concernés par Origamu, le processus étant ouvert à tous, tandis que 20 agents occupant actuellement un poste touché par une évolution fonctionnelle et/ou géographique ne se sont pas exprimés. Les agents avaient la possibilité de formuler jusqu'à quatre vœux, dont deux obligatoires, sur des fonctions correspondant à leur niveau d'emploi. L'université leur propose le choix entre assurer des fonctions proches ou dites « de campus » en suivant la localisation de leur service, rester sur le même site avec un changement de domaine, ou changer à la fois de site et de domaine.

    Alors que les décisions d'affectation devraient être rendues à la fin de l'année, l'intersyndicale constituée par la CFDT, CGT, FO, FSU et SUD réclame « l'arrêt de ce processus, le temps qu'une expertise externe soit diligentée pour apprécier les conséquences de ce qui est proposé » sur la santé et les conditions de travail du personnel. « Certes, il n'y a pas énormément de monde dans nos assemblées générales, mais les agents sont nombreux à nous dire leur inquiétude quand on va dans les services », affirme Philippe Blanc, secrétaire de la CGT. « Au lieu d'associer les personnels à la restructuration, on leur dit que leur poste disparaît et on leur demande de se chercher un travail dans une liste de nouveaux postes qui mélange tout, les sites universitaires, les catégories d'emploi, selon une procédure qui conduit à une mise en concurrence », affirme Roger Notonier, secrétaire du Sgen-CFDT.

    UNE « PRESSION ÉNORME SUR LES PERSONNELS », SELON L'INTERSYNDICALE

    « Depuis le début de l'année, à elle seule, notre organisation syndicale a été saisie de 56 demandes d'intervention individuelle de la part d'agents en difficulté », relate Philippe Blanc, de la CGT. « Avec la fusion, il y a une pression énorme sur les personnels, y compris sur les cadres. Ils sont confrontés à des pertes de repères, des pressions hiérarchiques, de la désorganisation. Ils s'inquiètent aussi des pertes de compétences sur les campus et dans les composantes, car la nouvelle organisation augmente la centralisation de nombreuses fonctions. »

    « Notre demande d'expertise, possible en cas de projet important comme il est dit dans les textes, est bel et bien fondée », rebondit Max Lebreton, secrétaire du CHSCT (FSU). « Encore faudrait-il qu'elle soit inscrite à l'ordre du jour par Yvon Berland, qui préside le CHSCT, or toutes nos demandes sont en général ignorées, au mépris des règles de fonctionnement de cette instance », assure-t-il.

    LE SNPTES FAVORABLE À L'AVANCÉE DU PROCESSUS

    Le SNPTES-Unsa , qui a soutenu le projet de fusion, estime que « les dysfonctionnements dans les services s'effaceront » une fois Origamu déployé. « Dans un même service, pour une même tâche, il est fréquent que deux agents utilisent deux outils différents. Un malaise s'est installé car il y a une incompréhension : la fusion est faite, et pourtant les procédures et les outils n'ont pas été harmonisés entre les trois ex-périmètres », explique à AEF Georges Reljic, secrétaire académique adjoint du syndicat et élu au CA de l'université. « C'est pourquoi nous sommes favorables à ce que le processus avance. Plus on le retardera, plus ce sera compliqué ».

    « Seulement une vingtaine de personnes ne se sont pas positionnées, cela montre bien qu'il y a une bonne adhésion du personnel au processus », estime Claude Martin, élu au comité technique d'Aix-Marseille Université sur une liste AutonomeSup, un syndicat favorable à la fusion. « Les difficultés qui peuvent être ressenties dans les services concernent tout au plus quelques dizaines de personnes », affirme-t-il à AEF.

    « DU COUSU MAIN » SELON YVON BERLAND

    « Il n'y aura pas d'arrêt d'Origamu », assure de son côté Yvon Berland. « Le principe central de ce processus est qu'il n'y aura pas de mobilité géographique obligatoire », rappelle le président, qui répète que l'université fera « du cousu main ». « J'ai rencontré 600 personnes au cours de 45 réunions, afin de mieux apprécier les situations personnelles par moi-même », insiste-t-il.

    Yvon Berland souligne aussi que l'université a organisé des ateliers d'aide au positionnement pour accompagner les agents dans leur prise de décision. « 350 personnes les ont fréquentés », indique-t-il. Quelques agents ont aussi bénéficié d'un atelier d'aide à la rédaction au CV, pour « les rares cas » dans lesquels celui-ci était demandé, et des ateliers de préparation aux entretiens individuels, programmés d'ici à la fin novembre, sont également prévus.

    « Le processus est bien fait, il y a un réel accompagnement des personnels et il n'y a pas beaucoup de patrons dans le privé qui rencontrent tout le personnel concerné quand il y a restructuration », remarque Claude Martin, d'AutonomeSup.

    DES FORMATIONS AVANT LA PRISE DE POSTE

    Les entretiens individuels auront pour objet de « discuter dans le détail des postes visés pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté », explique Yvon Berland. « L'agent pourra éventuellement modifier ses vœux s'il estime finalement avoir fait un mauvais choix. Ce sera aussi l'occasion d'identifier les formations qui seront nécessaires et seront mises en œuvre à partir de janvier, pour réussir la prise de poste en septembre suivant. » Les agents qui n'ont pas rendu de fiches de vœux seront également reçus en entretien et se verront proposer deux postes.

    Yvon Berland n'accédera pas à la demande de l'intersyndicale qui, craignant que l'entretien ne soit « un concours déguisé », souhaite que « l'agent puisse être accompagné d'un collègue de son choix, que ce soit un représentant syndical ou non ». « Cet entretien est un dialogue, un moment d'information individuelle privilégié, pas un concours ni un moment syndical », affirme le président d'Aix-Marseille Université.

    DES GARANTIES SELON LE SNPTES, MÉFIANCE DE L'INTERSYNDICALE

    « Il y aura sans doute des loupés, des agents qui vont demander à revenir en arrière », reconnaît Georges Reljic, du SNPTES-Unsa. « C'est pour cela que nous avons demandé et obtenu que la commission paritaire d'établissement examine chaque cas d'agent qui souhaiterait changer d'avis entre janvier et septembre et même au-delà. Nous avons aussi obtenu d'autres garanties, par exemple une charge de travail limitée au moment de la prise de fonctions, la mise en place de navettes de bus entre Aix-en-Provence et Marseille et entre les campus de Saint-Charles et du Pharo [siège de l'université fusionnée], ainsi que la création d'un restaurant au Pharo », détaille Georges Reljic.

    L'intersyndicale, elle, craint que « les organigrammes soient déjà remplis ». Et de citer des témoignages « qui n'ont pas valeur de statistiques mais qui restent frappants ». « Un responsable a dit à un agent de catégorie A de ne pas postuler sur un poste affiché car il allait être pourvu en externe. Un agent de catégorie C a été invité par son supérieur à se former sur le logiciel de son futur poste alors qu'il n'avait pas encore exprimé de vœux », raconte ainsi Roger Notonier.

    PAS D'EXPERTISE EXTERNE MAIS UNE ÉVALUATION A POSTERIORI

    Yvon Berland rejette par ailleurs la demande d'expertise externe formulée par l'intersyndicale. « Les représentants du personnel sont régulièrement informés sur le projet. Chaque phase d'Origamu, et nous en sommes à la quatrième, est passée devant le CHSCT et devant le comité technique. A chaque fois, le vote donne une majorité de oui, ou est très partagé entre le pour et le contre. Nous faisons aussi des réunions préparatoires, et je relève qu'il y a alors peu de questions ou de contradictions apportées. La commission paritaire d'établissement est également régulièrement réunie », rapporte Yvon Berland.

    « Il y aura bien sûr une évaluation de ce qu'on aura fait », ajoute-t-il, en indiquant par ailleurs que toutes les propositions d'affectation seront motivées et présentées en commission paritaire d'établissement en décembre 2013, avant publication de la décision définitive.

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