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  • Rassemblement à la Sorbonne vendredi 27 janvier à 9h :


    En décembre dernier, les consultations des personnels ont rejeté massivement le projet de fusion proposé par la présidence de l'université ; les étudiants ont élu leurs représentants aux conseils centraux qui, unanimement, l’ont rejeté ; le conseil académique et le comité technique l’ont, eux aussi, massivement rejeté.
    Malgré l'opposition de la communauté à ce projet, le Conseil d'Administration a voté le 16 décembre une mise en place de la fusion d'ici juin 2018 : 19 pour, 16 contre et une abstention. Durant la séance, chacun s'est exprimé pour annoncer son vote. La CGT, les listes en opposition à la présidence et les listes étudiants ont annoncé un vote contre. Des soutiens à la présidence (pourtant élu.e.s sur un engagement fort : « La Sorbonne Nouvelle ne s’engagera pas sur la voie de la fusion »), avec les 8 personnalités extérieures ont annoncé un vote favorable à la feuille de route.
    La présidence a annoncé qu'elle démissionnerait dans un an pour qu'un nouveau CA puisse voter les statuts de la future université fusionnée mais qu'elle mettrait en place ce projet dans l'année à venir.

    Pourquoi une telle obstination face à leur propre communauté universitaire ?
     
    La CGT FERC Sup Paris3, avec les personnels et étudiant.e.s de l'UFR arts et médias réuni.e.s en assemblée générale lundi 23/1, avec l'UNEF et avec des élu.e.s doctorant.e. des conseils appellent à :

    • un rassemblement devant le Conseil d'Administration de l'université (qui a lieu salle Bourgeac), cour de la Sorbonne, vendredi 27 janvier 2017 à 9h,
    • une assemblée générale de l'ensemble des personnels et étudiants mardi 31/1 à 15h salle D02.


    Le Conseil académique (voir texte complet ci-dessous), à une majorité de plus de 75% des conseillers, demande :

    • l'organisation rapide d'élections aux conseils centraux de l'université pour l'ouverture d'un vrai débat sur l'avenir de l’université pour que le choix revienne enfin à la communauté universitaire,
    • l'arrêt du processus menant à la création d'une université fusionnée avec en particulier la restructuration des écoles doctorales.


    Nous vous appelons à être nombreux à ces initiatives :

    • venez exprimer votre position aux membres du CA vendredi 27 janvier à 9H,
    • venez discuter en AG des futures actions à entreprendre collectivement pour lutter contre la mise en place de la fusion.

    Vous trouverez ci-dessous les différentes motions votées par le CAC, l'AG de l'UFR arts et médias, les conseils de gestion de l'UFR LLCSE et de l'IRCAV.


    La CGT FERC Sup Paris 3

    PS : une heure mensuelle d'information syndicale a été déposée pour l'AG de mardi. Vous pouvez donc y aller sur le temps de travail...
    ---------------------

    Le Conseil académique de Paris 3, réuni hier, 20 janvier, en formation plénière, a voté la motion suivante, à une majorité de 36 voix contre 10 voix contre et une abstention :

    Motion

    Notre université est soumise à une série de contradictions qui pèsent gravement sur son fonctionnement et obèrent la préparation de son avenir.

    Lors des élections générales de décembre 2014, aucune liste ne s’est présentée avec un programme comportant un projet de fusion pour notre université. Tout au contraire, cette perspective a été explicitement écartée.

    Allant à l’encontre des avis exprimés par le Conseil académique, le Comité technique, tous les élus étudiants et les larges consultations des personnels organisées par plusieurs composantes de l’université, le Conseil d’administration a voté le 16 décembre la feuille de route définissant les étapes conduisant à la « fondation d’une nouvelle université omnidisciplinaire » qui serait créée au 1er janvier 2019 : 16 votes contre, 1 abstention et 19 votes pour, dont vraisemblablement les 8 personnalités extérieures. Alors qu’il s’agit d’une décision engageant l’existence même de notre université, ces éléments posent clairement un problème de légitimité politique.

     

    Avant le vote au CA, les promoteurs de la feuille de route ont multiplié les déclarations indiquant que cette fusion P3-P5-P7 n’impliquait pas la fusion des composantes. Pourtant, dès le 10 janvier dernier, sans que les conseils centraux ni les écoles doctorales de notre université n’en aient été préalablement informés, est présenté aux directeurs d’ED d’USPC un projet de restructuration-fusion des écoles doctorales en ALL-SHS, afin que celles-ci deviennent transversales à P3-P5-P7. Cette façon de faire, marquée par la précipitation, l’absence de consultation et des modalités top down, semble préfigurer d’autres restructurations à venir, des unités de recherche, des composantes et des services.

    Compte tenu de tous ces éléments :

    • Nous demandons qu’aucun rapprochement d’école doctorale, d’unité de recherche, de composante ou de service ne soit forcé, qu’aucune fusion ne soit imposée, directement ou indirectement, alors même que le champ du possible reste ouvert, avec plusieurs options organisationnelles qui doivent être précisées et évaluées.

    • Nous demandons que soient organisées dans les meilleurs délais des élections générales dans notre université, c’est-à-dire au printemps 2017. La démission des deux tiers des membres titulaires du CA suffit pour que soient organisées des élections générales qui permettraient d’offrir à notre communauté universitaire un vrai débat démocratique approfondi, d’exercer sa fonction délibérative, de clarifier la situation et d’avancer sur des bases solides pour préparer l’avenir de notre université.

    __________________________________

     Motion de l’UFR Arts et Médias

     

    Nous, personnels de l’UFR Arts et Médias, approuvons les motions votées par l’IRCAV le 17 janvier 2016 et le Conseil Académique le 20 janvier 2017.

    Nous prenons acte du vote du Conseil d’Administration du 16 décembre qui a voté à une majorité de 19 voix (dont sans doute 8 voix des personnalités extérieures) contre 16 la «feuille de route» proposant de «Construire une nouvelle université» issue de la fusion de Paris 3, Paris 5 et Paris 7.

    Ce vote instaure, entre le Conseil d’Administration et l’ensemble de la Communauté universitaire, une scission préjudiciable à l’avenir de notre institution alors que :

    1) les étudiant.e.s de Paris 3 consulté.e.s les 6 et 7 décembre 2016 ont élu des représentant.e.s issu.e.s de listes qui prônaient toutes le refus de cette fusion des universités.

    2) les membres du personnel enseignant et administratif des UFR Arts et médias et LLCSE, consultés les 7 et 8 décembre 2016, ont répondu "NON", à plus de 90%, à la question «Êtes-vous favorable à l'engagement de l'Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 dans un processus conduisant à la création d'une nouvelle université omnidisciplinaire issue de la fusion des Universités Paris 3, Paris 5 et Paris 7 selon les modalités définies dans la feuille de route (...) soumise au vote du CA le 16 décembre 2016?»

    3) le 9 décembre 2016, le Conseil Académique de Paris 3 s’est prononcé à une majorité de 75% des voix contre la feuille de route qui lui était proposée.

    Compte tenu de cette grave rupture entre l'expression de la volonté générale des personnels et usagers et le vote du Conseil d’Administration -dont tous les membres ont été élus sur des listes promettant que la Sorbonne Nouvelle ne ferait pas l’objet d’une fusion durant le présent mandat -, nous demandons l'organisation d'élections dans les plus brefs délais, sans attendre le terme trop lointain et aléatoire du printemps 2018.

    Qui plus est, en contradiction avec les propos du Président de Paris 3 et la feuille de route de la «nouvelle université fusionnée», qui promet (p.14) qu’« Aucun rapprochement forcé ne sera imposé, mais les composantes et laboratoires de recherche qui souhaitent coordonner leurs actions ou fusionner se verront accompagnés dans leurs démarches. », un projet de «restructuration» des Écoles Doctorales en ALL SHS d'USPC a été annoncé le 10 janvier 2017 et confirmé le 20 janvier au CAC, sans la moindre concertation préalable avec les directeurs/trices d'ED, directeurs/trices d'équipes de recherche.

    Nous demandons donc l’abandon immédiat de ce projet qui initie une fusion de facto, avec une visée d'irréversibilité, préfigurant comme dans d’autres fusions universitaires, d'autres «restructurations» touchant tous les étudiants, par la suppression de nombreuses formations, et tous les personnels, par une fusion des services. Nous réclamons aussi, à travers l’organisation de nouvelles élections, la mise en place des conditions nécessaires à un vrai débat démocratique sur l’avenir de notre université.

     

    Motion adoptée à l’unanimité (49 voix) le lundi 23 janvier 2017
    ___________
    Motion votée le 23/1/2017 par le conseil de gestion de l'UFR LLCSE  

     

    Les membres du conseil de gestion de l’UFR LLCSE tiennent à manifester leur inquiétude et leur mécontentement face à la démarche entreprise pour la définition du modèle d’organisation du futur établissement. En effet, l’épisode de restructuration des ED témoigne d’un profond décalage entre les annonces de dialogue faites par la Présidence àl’issue du vote du CA du 16 décembre et les démarches déjà adoptées depuis lors.

     

    Le conseil de gestion de l’UFR demande instamment que toute décision concernant l’avenir de Paris 3 dans le cadre du nouvel établissement soit l’objet d’une véritable consultation de l’ensemble des personnels. Motion votée à l’unanimité des présents.
    ______________

    MOTIONS DE L’INSTITUT DE RECHERCHE SUR LE CINEMA ET L’AUDIOVISUEL - EA 185 réuni lors d’un conseil, le 17 janvier 2017, à la Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle

     

    1. " Nous prenons acte du vote du Conseil d’Administration du 16 décembre 2016 qui a voté (à une majorité de 19 voix, dont 8 voix des personnalités extérieures, contre 16) la "feuille de route" proposant de "Construire une nouvelle université" en fusionnant Paris 3-Paris 5 et Paris 7.

    Ce vote crée, de fait, entre le Conseil d’Administration et les membres de l’Université, une fracture préjudiciable à notre institution, alors que :

    • les étudiant.e.s de Paris 3 consulté.e.s les 6 et 7 décembre 2016 ont élu des représentants opposés à cette fusion,
    • les membres du personnel enseignant et administratif des UFR Arts et médias et LLCSE, consultés les 7 et 8 décembre 2016, ont répondu "NON", à plus de 90%, à la question "Etes-vous favorable à l’engagement de l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 dans un processus conduisant à la création d’une nouvelle université omnidisciplinaire issue de la fusion des Universités Paris 3, Paris 5 et Paris 7 selon les modalités définies dans la feuille de route (...) soumise au vote du CA le 16 décembre 2016"
    • et que le Conseil académique de Paris 3 s’est prononcé, le 9 décembre 2016, à une très large majorité contre la feuille de route qui était proposée.

    Ce décalage entre l’expression de la volonté générale des personnels et usagers et le vote du CA plaide pour l’organisation rapide d’élections, par exemple au printemps 2017, sans attendre le terme trop lointain et aléatoire du printemps 2018.

    Nous demandons par conséquent au Conseil académique de mettre ce point à l’ordre du jour de sa prochaine réunion."

    2. "Nous nous étonnons, de plus, du projet de "restructuration" des Ecoles doctorales en ALL et SHS, annoncé le 10 janvier 2017 au Collège des Ecoles doctorales de l’USPC, conçu sans la moindre concertation préalable avec les directeurs/trices d’ED et les directeurs/trices d’équipes de recherche établissant une fusion de facto, avec une visée d’irréversibilité.
    Nous dénonçons ce projet qui est lui-même en contradiction avec une formule employée dans la "feuille de route" (page 14) : "Aucun rapprochement forcé ne sera imposé, mais les composantes et laboratoires de recherche qui souhaitent coordonner leurs actions ou fusionner se verront accompagnés dans leurs démarches." Motions adoptées à l’unanimité,

     

    Pour l’IRCAV, le directeur, Guillaume Soulez

     


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  • Le Groupe Jean-Pierre Vernant analyse les propositions sur l'Enseignement Supérieur et la Recherche des candidats à l'élection présidentielle :

    La totalité de l'analyse, par programme, est à lire ici

     

    Programmes électoraux pour le l’Enseignement Supérieur et la Recherche (1/3)

    Avant la primaire de la gauche, il apparaît important de comparer les programmes des principaux candidats à l’élection présidentielle en matière de politique de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous proposons une analyse de ces programmes critériée en trois parties, sur la base de notre analyse de la politique suivie depuis dix ans [1].

    Une décennie de réformes gestionnaires

    Nul ne contestera la dégradation brutale du système d’enseignement supérieur et de recherche depuis dix ans : bureaucratisation, accroissement sans limite  du mille-feuille administratif, chronophagie, pilotage managérial, perte de sens, dépossession de nos pratiques, de nos outils de travail et de nos métiers, suppression graduelle des libertés académiques et de la collégialité, désengagement de l’Etat, inflation de la technostructure, pratiques autocratiques de la DGESIP [2], suppression des possibilités de mobilité des universitaires, mainmise du CGI sur la politique universitaire [3], atomisation du milieu universitaire, dérapage rapide de l’âge de recrutement, pratiques clientélistes et mandarinales, conflits d’intérêt, etc. La fulgurance de la mutation est telle que les collègues les plus jeunes refusent de croire les descriptions que l’on peut leur faire des conditions de travail qui avaient cours au milieu des années 1980, à l’achèvement du processus de démocratisation de l’Université.

    Cette séquence néolibérale est issue de réformes structurelles incessantes, relayées avec zèle par un middle management constitué d’universitaires reconvertis dans la gestion et qui ont trouvé leur compte dans ces réformes (promotions, primes, pouvoir symbolique). Il est nécessaire de lire le rapport Aghion-Cohen de 2004 [4] et le rapport Attali de 2008 [5] pour comprendre qu’il y a eu un déploiement continu d’une stratégie théorisée, mise en place – par delà les alternances – par les hauts fonctionnaires du ministère [6]. De sorte à mettre en perspective les programmes électoraux, il nous faut résumer ici les composantes essentielles de cette politique. Usant du procédé classique de l’anti-phrase, la dépossession des universitaires a été baptisée « autonomie ».  La théorie néolibérale prévoit quatre volets dans ce programme :
    - l’« autonomie » administrative : il s’agit de remettre les décisions à des conseils d’administration mis hors de portée des universitaires, et sous le pilotage incitatif de la DGESIP et du CGI ;
    - l’« autonomie » de gestion des ressources humaines : il s’agit de mettre fin aux libertés académiques qui fondent l’université en mettant les universitaires sous la tutelle d’instances de pilotage locales ;
    - l’« autonomie » pédagogique : il s’agit encore une fois de mettre fin aux libertés académiques qui fondent l’université en pilotant l’enseignement au niveau des savoirs comme des méthodes ; il s’agit aussi d’introduire la sélection des étudiants de sorte à mettre en concurrence les établissements ;
    - l’« autonomie » financière: il s’agit de transférer la charge financière du supérieur de l’Etat aux « clients », et pour ce faire, il est nécessaire d’augmenter les frais d’inscription et de les moduler pour mettre en concurrence les formations.

    Les buts poursuivis sont explicites :
    - abaisser le coût pour l’Etat de la formation des jeunes adultes issus des classes moyennes, les classes supérieures ayant, statistiquement, accès aux grandes écoles ;
    - piloter la recherche et l’enseignement ;
    - différencier les établissements supérieurs en faisant émerger sur l’ensemble du territoire dix universités pluridisciplinaires chargées de promouvoir la recherche française au niveau international et de lui assurer une visibilité considérée comme suffisante dans les classements internationaux, laissant hors des métropoles (banlieue et villes moyennes) des établissements de proximité paupérisés spécialisés dans l’enseignement professionnel.
    Ce dernier but a, par antiphrase, été baptisé politique d’« excellence » pour désigner un devenir Uber-Mac-Donald de l’écrasante majorité de l’Université et de la recherche.

    Les moyens de cette politique d’« autonomie » et d’« excellence », enfin, doivent être explicités. Car si l’exercice de notre métier se révèle de plus en plus sombre, nous poussant au repli, à l’isolement, au sein de niches écologiques de plus en plus étroites (sa recherche, son enseignement), il ne s’agit ni d’une fatalité ni d’un fait du hasard. A nouveau, on en trouvera la théorie dans le rapport Aghion-Cohen et dans tous les manuels de New Public Management :

    • faire coproduire les réformes de dépossession par ceux-là même qui en sont les victimes ; le processus de contrôle est désigné par antiphrase d’« incitation » et de « bottom-up ».
    • concevoir la gestion comme une mise en concurrence systématique des individus, des structures élémentaires (unités de recherche et d’enseignement), des établissements et des regroupements d’établissements ;
    • multiplier pour cela les micro-agences de moyen, quel que soit le surcoût ;
    • systématiser l’usage du « ranking » et de l’évaluation, de sorte que chacun soit sans arrêt placé en situation d’occuper la position d’évaluateur et d’évalué ;
    • externaliser les décisions politiques vers des « jurys internationaux » fantoches dont personne ne songera à critiquer les procédures de nomination et les évaluations, ce qui permet de détourner le coût symbolique vers des instances placées hors d’atteinte des acteurs. [7]

    Ce programme de transformation de l’Université et de la recherche n’a pas, à ce jour été mené à bien complètement : nous sommes au milieu du gué. Cela offre, grossièrement, trois perspectives de programmes politiques : (i) achever le processus néolibéral ; (ii) en rester à la demi-mesure et proposer un statu-quo structurel ; ou (iii) prendre acte des dégâts occasionnés et proposer une nouvelle perspective pour l’Université et la recherche. Il est important également de suivre les mouvements au sein des appareils politiques de ceux qui, par delà l’alternance, ont disposé des leviers de commande ou ont accompagné la dégradation. Nous avons donc classé les programmes analysés selon cet axe, sans prendre en compte la classification ordinairement attribuée à tel ou tel candidat à la présidentielle.

    [1] A ceux qui seraient tentés de trouver un infléchissement entre les quinquennats de M. Sarkozy et de M. Hollande, rappelons ces mots de M. Berger, conseiller pour l’éducation de M. Hollande : « Pour l’enseignement supérieur et la recherche, sur les vingt dernières années, il y a eu globalement un consensus entre les gouvernements successifs de droite et de gauche », mots prononcés en octobre 2016 lors du discours tenu à l’occasion du colloque d’octobre Institut Montaigne-Terra Nova. En mai 2011, M. Cambadélis, à qui on demandait quelle partie du bilan de M. Sarkozy il considérait comme positive, répondit : « L’autonomie des universités et le changement de pied sur l’investissement dans la recherche.».
    http://www.lejdd.fr/Election-presidentielle-2012/Actualite/Jean-Christophe-Cambadelis-s-explique-sur-la-Porsche-de-DSK-interview-310179
    [2] La DGESIP est la direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle. Elle est dirigée par Mme Bonnafous-Dizambourg et concentre l’essentiel du pouvoir ministériel.
    [3] Le CGI est le Commissariat Général à l’Investissement. Il est dirigé par M. Schweitzer et placé sous la tutelle du premier ministre. Par le levier des Idex, le CGI a acquis un pouvoir de coercition sur les établissements pour les contraindre à procéder à des fusions. Le ministère a perdu tous les arbitrages contre le CGI pendant les gouvernements de M.Valls. Le CGI a donc décidé d’une partie importante de la politique universitaire.
    [4] www.groupejeanpierrevernant.info/RapportCohenAghion.pdf
    [5] http://www.groupejeanpierrevernant.info/RapportAttali.pdf
    [6] Soulignons le rôle majeur joué par les hauts fonctionnaires anonymement réunis au sein du Groupe Marc Bloch, dont le site http://marcbloch2012.fr vient d’être fermé et n’est plus disponible qu’en cache. 

     


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     Que s’est-il passé le 16 décembre à l’université Paris Diderot ?

     

    Puisque la présidence de l’université Paris Diderot – Paris 7 n’a pas jugé utile de raconter ce qui s’est réellement passé vendredi 16 décembre dernier, en voici un compte-rendu.

    Un Conseil d’Administration illégal

    L'organisation du Conseil d'Administration (CA) du 16 décembre était en elle-même un monument de fourberie et d'illégalité. Pour minimiser et invisibiliser la contestation, la présidence de Paris 7 a convoqué le CA un vendredi de veille des vacances, moment où l’université est quasiment déserte. Elle a de plus volontairement omis d'indiquer aux élus son lieu, ce qui constitue un manquement gravissime à la loi et à la démocratie universitaire. Un lieu de rendez-vous a bien été envoyé aux élu-e-s et membres invité-e-s la veille, mais ce n'était pas le même pour celles et ceux qui défendaient la fusion et pour les autres ! Au bout du compte, les élu-e-s hostiles au projet n’ont jamais eu connaissance de la salle où se tenait le CA. La présidence de Paris 7 espérait ainsi empêcher une partie des élu-e-s enseignant-e-s, étudiant-e-s et du personnel d’assister à ce CA pourtant capital pour l’avenir de l’université !

    Un rassemblement pour le respect de la démocratie

    Au même moment les étudiant-e-s, personnels et enseignant-e-s mobilisé-e-s contre la fusion, dont le mouvement s'organise et prend de l'ampleur depuis plusieurs semaines, étaient plus de 300 à se rassembler pour exiger le report du vote, au nom de tou-te-s celles et ceux qui se sont prononcé-e-s contre le projet (10 UFR sur 16 !). Nous nous sommes ainsi retrouvé-e-s dans la cour des Grands Moulins pour porter cette revendication auprès des élu-e-s présent-e-s et du vice-président François Villa, également présent.

    Quelle réponse présidentielle ? Les coups !

    Nous devinâmes assez vite le stratagème fallacieux de la présidence : aucun-e pro-fusion n'étaient présent-e-s et François Villa servait « d'appât » pour détourner les élu-e-s du lieu du vote. Comptant – peut-être un peu naïvement – sur le fait que ce dernier est, en tant que vice-président CA, statutairement « garant du bon fonctionnement du conseil d'administration », nous lui avons demandé des comptes. Il préféra tenter de s'échapper sans répondre, assisté par quelques vigiles zélés, dont certains ne s'embarrassèrent pas de principes et n'hésitèrent pas à user de violence et à porter des coups aux étudiant-e-s qui leur barraient la route pacifiquement ! La semaine précédente, le chef adjoint à la sécurité avait déjà multiplié les provocations auprès des étudiant-e-s mobilisé-e-s (« Alors, vous êtes prêts pour vendredi ? Parce que nous oui. On est super chauds ! »). Et en effet, sur le moment, il nous a semblé qu’aux côtés du vice-président CA, certains membres de son équipe avaient dû opérer une confusion malheureuse entre « agir avec professionnalisme » et « foncer dans le tas » : insultes (entre autres sexistes), étranglements, tirage de cheveux, intimidation… furent de mise. Enfin, après avoir réussi à s'échapper par une porte dérobée, notre vice-président du CA s'est réjoui que le vote puisse se faire… sans les élu-e-s de l'opposition, disparaissant derrière deux vigiles dans un dernier éclat très démocratique : « On a le quorum, vous avez perdu. »

    Le conseil d’administration n’aura pas lieu

    La manœuvre était grossière. La partie du Conseil d’administration convoquée au bon endroit, qui de fait cautionne de telles pratiques – la même qui depuis deux ans et demi ratifie sans aucun débat les décisions de la direction parce que la « prime à la majorité » et les « personnalités extérieures » la rendent toute-puissante –, s’était installée au fin fond de la Halle aux Farines, dans une salle de cours réaffectée dont les vigiles avaient… retiré les poignées, plâtré les ouvertures et bloqué les portes avec des barres de fer !!! La présidence a par ailleurs refusé de laisser entrer certain-e-s élu-e-s d'opposition, avant que les étudiant-e-s n'envahissent la salle pour protester contre cette mascarade.

    Nous avons réclamé la fin de ce Conseil d’administration doublement scandaleux, qui restait persuadé d'être dans ses droits alors qu’il discutait en toute tranquillité, après avoir évincé les voix dissidentes, un projet dont presque personne ne veut ! Pour acter officiellement l'annulation du Conseil, nous avons demandé à la présidente, Christine Clerici, de rédiger un simple mail. La présidence ayant déjà essayé de réunir un CA en l’absence d’une partie des élu-e-s, nous ne pouvions prendre le risque qu’une fois sortie elle tente à nouveau de réunir ses fidèles pour voter la fusion en secret. Elle a refusé ; nous avons ainsi été mis-es dans l'obligation de rester pendant toute la durée durant laquelle le CA avait été convoqué (3 heures, qui nous ont porté-e-s à 17h), dans le respect de tou-te-s.

    L'étrange communication de la présidence

    La présidence de Paris 7 s'est ensuite empressée de poursuivre son travail de désinformation : elle a envoyé à l'ensemble de la communauté universitaire un message énigmatique, dont la lecture ne permet pas de comprendre si les raisons de « sécurité » qui rendaient la tenue du CA impossible étaient du fait de Daesh, d'une catastrophe naturelle ou d'une pluie de grenouilles. Ce courrier ne faisait aucune mention de la contestation générale du projet et osait appeler « démocratie » cette tentative de voter dans un bunker en laissant de coté la majeure partie de ses opposant-e-s élu-e-s. Devant les communiqués rétablissant la vérité, la présidence a dû se fendre d’un second message, bien plus travaillé et d'une malhonnêteté admirablement ficelée : elle y manie le mensonge et la langue de bois avec un talent rare. La réalité, telle que nous l’avons longuement décrite ici afin de combler les « vides » et les contre-vérités du story telling présidentiel, s’avère moins flatteuse.

    Pour comprendre l’intensité des sentiments démocratiques de la présidence, rappelons que Christine Clerici a été élue en 2014 précisément sur la promesse de ne pas fusionner. Et que dire son appel au « respect de nos instances » sinon rappeler que la présidence s'était assise d'avance sur l'avis du CA en envoyant la « feuille de route » au Commissariat Général à l'Investissement (CGI) avant même qu'elle ne soit votée, dans l'objectif de (re)candidater à l'argent de l'« Initiative d'Excellence » que le gouvernement lui promet en échange de la fusion ?

    Et maintenant ?

    Un nouveau CA est d’ores et déjà annoncé le mardi 3 janvier, à 9 heures, au rectorat. Nous serons au rendez-vous pour contrer cette nouvelle tentative d'imposer ce projet délétère. La résistance victorieuse de la communauté universitaire le 16 décembre a permis de redonner de l’espoir et d’initier un mouvement qui ne prendra fin qu’avec le retour de la démocratie universitaire et le rejet du projet de fusion. Nous avons prouvé que la lutte collective est en mesure de mettre en échec la présidence et nous continuerons à le prouver. Si vous souhaitez être inscrit-e sur la liste d'information afin d'être tenu au courant des modalités de la mobilisation, vous pouvez le faire à l’adresse suivante : http://tinyurl.com/infofusion en cliquant sur « Abonnement à ce groupe ».

    Qui sommes-nous ?

    Nous sommes des étudiant-e-s, des personnels et des enseignant-e-s mobilisé-e-s contre ce projet de fusion. Nous sommes soutenus par Solidaires Étudiant-e-s Paris 7 et Sud Éducation Paris 7.


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